Accueil Films en compétition Longs métrages Peuples indigènes Panorama Programmation Sculpture Liens Contact Jury Festival 2006 Amis du festival





Copyright © 2002-2007 [PÉROU PACHA]. Tous droits réservés

Alonso Ruiz Rosas Attaché culturel, Melania Urbina et Ernesto Cabellos
E.Cabellos-A. Tamayo-M. Urbina_Michèle Levieux- Firmine Richard- J. Maeder- Nathalie Hendrickx
Après Choropampa son premier long métrage documentaire, Ernesto Cabellos repasse une nouvelle fois à la réalisation avec Stéphanie Boyd également sa productrice et coréalisatrice. Le film s’intitule Tambo Grande et a reçu le prix du meilleur film documentaire du Festival de Cinéma Péruvien de Paris. Le cinéaste y propose une nouvelle forme de cinéma engagé sur le long terme.
Tambo Grande est un
film documentaire tourné sur une période de sept ans. Comment s’est mis en
place ce projet ? Êtes-vous resté en permanence sur place ?
Au départ, notre projet devait être réalisé en beaucoup moins de temps :
nous pensions faire une série de trois documentaires en un an et demi.
Finalement, les trois films seront réalisés en dix ans. L’idée est de faire
une série de documentaires qui montre tout le cheminement d’un processus,
depuis le moment où de l’or est découvert à Tambo Grande, lorsque la
compagnie s’installe et les effets sur la population locale. Nous avons donc
en cours un troisième chapitre, le tout constituera alors comme une saga.
Nous avons pris beaucoup plus de temps que ce que nous avions prévu. Mais
lorsque je regarde le travail réalisé durant ces sept années, c’est-à-dire
deux documentaires, je suis vraiment très content de m’être engagé dans la
réalisation de ces films, dont il en ressort une radiographie de l’histoire
péruvienne.
Le film a-t-il pu être diffusé en
Amérique latine ?
Plusieurs projections ont eu lieu mais dans un circuit alternatif. Ce type
de film ne peut pas être diffusé comme les autres films dans les salles de
cinéma. Nous allons nous-mêmes présenter le film dans les communautés, en
levant les fonds nécessaires à cette diffusion. Nous ne faisons guère de
bénéfices ; la production est donc constituée de dons divers.
La diffusion est très importante et l’aspect économique des bénéfices du
film n’est pas ce qui me motive au départ. Si l’on peut récupérer un peu
d’argent tant mieux, sinon je préfère laisser un peu partout des copies du
film.
Au moment où, dans la communauté,
vous filmez, vous intégrez immédiatement le processus de lutte sur le long
terme, en offrant un dialogue possible dirigé vers l’extérieur, pour que la
lutte ne soit pas étouffée dans l’anonymat...
Bien sûr, pour moi il est important que ce film, qui traduit le point de vue
des agriculteurs, ne soit pas seulement un documentaire qui traduise une
réalité. Il doit encore impliquer un changement de la réalité.
En Europe, pensez-vous que les spectateurs peuvent commencer une discussion, à partir de l’expérience de Tambo Grande, sur leurs engagements personnels et le monde dans lequel ils se trouvent ?
Traduction de Vanessa Lefèvre
Propos recueillis par Cédric Lépine