Accueil Films en compétition Longs métrages Peuples indigènes Panorama Programmation Sculpture Liens Jury Festival 2006 Amis du festival Contact







Jovita Maeder, directrice du festival de cinéma péruvien depuis sa création il y a quatre ans, et pour cause puisqu’elle en est aussi l’instigatrice aux côtés de l’association Pérou Pacha. Allant autant à la rencontre des professionnels, des films que du public, elle a permis au cinéma péruvien d’avoir une fenêtre en Europe.
Comment sont choisis les films programmés au festival ?
Chaque année, le festival sélectionne des films au Pérou. Mais il faut
savoir que la production péruvienne est peu élevée : 7 à 9 films par an, en
comptant l’argentique et le numérique. Nous avons choisi des productions
récentes comme Una sombra al frente, sorti cette année au Pérou. Le
film était programmé au festival latino-américain de Lima avant de voyager
dans le monde. Nous avons eu la chance de projeter ce film encore inédit en
Europe et dans le monde. Les autres films sont quant à eux déjà sortis au
Pérou. Ces films, à l’exception de Mariposa negra qui a obtenu le
prix d’interprétation féminine pour la prestation de Melania Urbina à
Biarritz, sont tous inédits en Europe. Avant de programmer ces films pour
notre festival, nous cherchons à ce que ces films trouvent d’autres
festivals. Nous favorisons ainsi l’accès de ces films à Cannes, Biarritz,
etc. Ainsi, certains films n’ont pas été programmés dans notre festival
parce que nous avons préféré qu’ils fassent partie de la programmation du
festival d’Amsterdam.
Par rapport à l’édition 2006, cette année le festival n’a pas fait
de rétrospective.
Nous avons préféré ouvrir une nouvelle section intitulée "cinémas des
peuples indigènes d’Amérique latine". Le but est de mettre en valeur ces
films qui témoignent d’une nouvelle vague de cinéma très importante en ce
moment en Amérique latine.
Nous n’avons pas pour autant abandonné l’idée de rétrospectives et nous
songeons d’ailleurs la remettre en avant, conséquemment à la collaboration
développée avec la cinémathèque de Lima qui œuvre beaucoup à la restauration
de films.
Est-ce que les films péruviens, grâce aux festivals internationaux
et à la notoriété qu’ils y reçoivent, profitent d’une seconde vie au Pérou ?
En effet, les festivals jouent un très grand rôle : les films péruviens
acquièrent ainsi une reconnaissance internationale. Nous avions présenté une
rétrospective consacrée au cinéma de Luis Figueroa qui a été très appréciée
des étudiants et des chercheurs en cinéma. Lorsqu’il est revenu au Pérou,
Figueroa a alors profité d’une nouvelle vague d’intérêt de la part du
public. C’est une très grande satisfaction pour notre festival. Pour les
réalisateurs péruviens, c’est ainsi une opportunité de voir leur film
sélectionné à Paris. Le festival est déjà une grande fenêtre et les
professionnels peuvent ainsi voir leur film. Et ce n’est pas toujours
évident de voir des films péruviens disséminés dans les divers festivals.
À l’heure actuelle, le cinéma péruvien peut-il vivre sans les
productions étrangères ?
Au Pérou, comme ailleurs, nous devons faire face à la prépondérance des
films des États-Unis qui occupent la majeure partie des écrans. Parfois
même, les propriétaires des multiplexes sont eux-mêmes nord-américains : il
y a peu de péruviens propriétaires de salles. Il en résulte que les films
péruviens ont du mal à être diffusés dans les salles. À Lima, les films
distribués sont pour la plupart des blockbusters américains face auxquels on
ne peut rivaliser. Même un film péruvien plébiscité par les médias est
rapidement retiré de l’affiche s’il ne fait pas suffisamment d’entrées. Il y
a cependant des films qui ont très bien marché : c’est le cas de Mañana
te cuento d’Eduardo Mendoza, Paloma de papel de Fabrizio Aguilar,
Piratas en el Callao d’Eduardo Schuldt (film d’animation) ainsi que
Mariposa negra de Francisco Lombardi.
Que concluez-vous de l’édition 2007 du festival péruvien et quels
sont vos projets à venir ?
C’était une grande épreuve, un challenge. En effet, le festival s’est
déroulé pendant les grèves des transports parisiens, mais le public
solidaire a répondu à l’appel du festival. Les professionnels, les membres
du jury ont rencontré les réalisateurs et acteurs péruviens. Toutes les
projections ont pu avoir lieu sans incident, les entretiens prévus avec les
journalistes ont été maintenus. Le CNC a reçu toute la délégation péruvienne
pour mettre en œuvre des échanges avec son homologue péruvien, le CONACINE.
En outre, cette année CONACINE a reçu davantage de subventions de la part du
gouvernement péruvien. Ce qui laisse entrevoir de réelles perspectives de
travail.
Propos recueillis par Cédric Lépine
jeudi 20 décembre 2007.
Entretien avec Ernesto Cabellos